J’ai quitté l’Andorre…

Madame,
J’ai quitté l’Andorre mercredi dernier. Six cinéastes, dont M. Lazareff, s’y trouvaient depuis une dizaine de jours, ils ont opéré au châlet-refuge pour les paysages de neige, puis à Ordino, la Massana, les Escaldes, Andorre la Vieille, St. Julià. Leur chef, M. de Cavaignac, est également venu passer deux jours et est reparti pour Paris. Je n’ai pas son adresse sous la main, mais il m’a dit être le seul de son nom sur l’annuaire des abonnés au téléphone, il habite l’avenue des Champs Elysées.

M. Lazareff était entré en relations avec M. Cloche, mais ce dernier aurait finalement dé claré renoncer pour cette année au film «Andorra», il en préparerait actuellement un autre en pays basque.

Tout cela parait compliqué comme à plaisir. Je dois dire qu’en Andorre même, qui est devenue une terre d’élection pour les aventuriers et les affairistes, tout devient de plus en plus difficile. Les cinéastes, surveillés par deux membres du Conseil général attachés à leurs pas, ont été continuellement entravés dans leur tâche.

Il nous reste heureusement le climat, le calme, la beauté de la nature.

J’espère que vous viendrez bientôt en juin, en compagnie de Monsieur votre mari auquel je vous prie de présenter mon meilleur souvenir en acceptant vous-même, Madame, l’honneur de mon respectueux dévouement,

(signature)

Carta manuscrita datada a Perpinyà el 16 de maig de 1936, a una remitent desconeguda, en paper oficial de l’antiga Vegueria Francesa. Hi exposa de talls sobre la gent de cine implicada en el rodatge d’Andorra: el productor Jean de Cavaignac, els directors Pierre Lazareff i Maurice Cloche. Poques paraules de caire més general, molt clares: sobre com de molest i desconfiat és un Consell General que tot ho vigila, sobre com el país és terreny adobat per als arribistes i aventurers, sobre com la natura esdevé redemptora.

Aquest contingut forma part del monogràfic

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